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Financer sa croissance sans diluer son capital : le calcul complet

Trois options, un même besoin de 1,2 million de francs. Nous reprenons  le dossier d'un équipementier vaudois et comparons le coût réel de  l'augmentation de capital, du crédit d'exploitation et du factoring.

En résumé

Un carnet de commandes qui double en dix-huit mois pose un problème  mécanique : les factures partent avant que la trésorerie ne rentre.  L'entreprise dont nous parlons ici, un équipementier industriel de la  région lausannoise, facturait 6,4 millions de francs et avait besoin de  1,2 million pour absorber deux nouveaux contrats. Son délai de paiement moyen était de 52 jours.

Option 1 : l'augmentation de capital

La solution paraît confortable puisqu'elle n'ajoute aucune charge financière. Elle a pourtant un coût, simplement différé : céder 15 % du capital pour 1,2 million valorise l'entreprise à 8 millions aujourd'hui, au moment précis où sa croissance n'est pas encore réalisée. Deux ans plus tard, la même part se serait négociée à un multiple sensiblement différent.

Option 2 : le crédit d'exploitation bancaire

Une limite de crédit de 1,2 million reste l'option la moins chère en taux nominal. Elle suppose toutefois trois conditions que l'entreprise ne remplissait pas entièrement : des fonds propres supérieurs à 30 % du bilan, deux exercices bénéficiaires consécutifs et, le plus souvent, des sûretés réelles ou une caution personnelle.

La limite est par ailleurs fixe. Elle ne suit pas la croissance du chiffre d'affaires, ce qui impose de renégocier au moment le moins commode.

Option 3 : le factoring

Le factoring finance 90 % de la facture sous 48 heures et suit automatiquement la croissance de la facturation : la ligne de financement augmente avec le chiffre d'affaires, sans avenant. Couplé à une garantie sur les créances, il transfère également le risque d'impayé.
Sur ce dossier, le coût total s'est établi à 1,9 % du chiffre d'affaires cédé, commission de gestion et intérêts compris — à comparer aux 15 % de capital de la première option et à la charge d'intérêts de la deuxième, garantie personnelle incluse.

A retenir

Le bon critère n'est pas le taux affiché mais le coût par franc effectivement disponible, ajusté du risque client transféré et de la vitesse de mise en place.

Comment décider dans votre cas

Trois questions suffisent généralement à trancher. Votre besoin croît-il avec votre facturation ou est-il ponctuel ? Vos créances sont-elles concentrées sur quelques débiteurs ? Disposez-vous de quatre mois avant que la trésorerie ne devienne critique ? Selon les réponses, l'une des trois options se détache nettement.

L'équipementier a retenu le factoring avec assurance-crédit intégrée. Dix-huit mois plus tard, sa facturation atteignait 11,3 millions, sans dilution ni sûreté personnelle.

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Auteur
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Consultante senior chez Winsch International. Onze ans en financement du poste clients, dont six en structuration de contrats de factoring pour des PME industrielles.